En attendant, mon cher Louis, prends confiance. J’ai lu quelque part que le désir sincère de la conversion est déjà une conversion et que la miséricorde vient au-devant de ceux qui la cherchent. Je vais redoubler mes prières pour hâter, si je puis, le moment de ta liberté. Mais, de ton côté, prie la Mère de miséricorde, Marie : elle te fera moins peur que ton juge, elle te présentera à lui et t’obtiendra le courage qu’il faut pour conquérir la joie du cœur par la pureté.

Adieu fraternel, et au revoir bientôt, je l’espère !

Ton ami plus que jamais,

Paul.

35. De Louis.

10 mai.

Mon cher Paul,

Victoire sur toute la ligne ! J’irai te voir à la Pentecôte. Avertis ton Père spirituel et confesse-moi d’avance à lui, pour que j’aie moins à dire et qu’il ne soit pas trop méchant.

Ton papa est enchanté de ne pas voyager tout seul. Il m’a dit : « Tu verras ce collège, mon ami, et tu m’en diras des nouvelles ! »

Nos deux mamans sont enchantées de procurer à leurs fistons réunis un peu de bon temps. Elles ne se doutent pas du vrai but, au moins la mienne. Pour la tienne, je n’en répondrais pas : elle a du jésuite !