LES TISSERANDS

Notre peau s'use au fer des navettes,

Notre peau gerce à tistre la soie;

Dehors le printemps chante et flamboie:

Nous ne connaissons ni fleurs ni fêtes.

Toujours notre front dolent s'incline

Vers le métier dès la prime aurore;

Toujours nos doigts fanés font éclore

De fraîches fleurs dans l'étoffe fine.

Et sur le linceul et sur les langes