Le lendemain, Marie se consola de ne pas le voir, en refaisant le bouquet qu'il lui avait donné la veille. Mais, quand huit jours se furent écoulés sans qu'elle eût revu Jean Berthier, sans qu'elle eût reçu la moindre nouvelle de lui, elle commença à s'inquiéter… Un matin, n'y tenant plus, elle descendit tout à coup chez la concierge:

—Vous n'avez rien pour nous?

—Non, rien, mademoiselle.

Elle remonta lentement et parut devant sa grand'mère, le visage très brave; mais, dans l'escalier, elle s'était arrêtée pour pleurer un peu.

Ce n'était rien qu'un retard d'une semaine; et cependant… cependant…

—Rien? fit sa grand'mère, en lui voyant les mains vides. Comme tu as été longtemps! Je croyais que tu avais une lettre et que tu la lisais dans l'escalier…

—Il viendra sans doute ce soir, dit Marie assez ferme.

Et elle se remit à son travail.

Elle semblait tout absorbée dans la confection d'une bavette; et, si sa grand'mère lui adressait la parole, elle ne répondait que par des monosyllabes, évitant toute longue conversation.

—Enfin, qu'as-tu donc, petite?