Il les montrait du doigt sur le plan de Paris:

—Du Ier au IVe, du VIIIe au XIe.

—-Et à moi tout le reste? s'écria avec élan Brettecourt.

—Oui, à vous la plus lourde tâche!

—Merci! s'écria simplement Brettecourt. J'espère l'accomplir plus vite encore que vous n'aurez rempli la vôtre.

Les deux hommes se retirèrent et, le jour même, commencèrent leurs recherches. Quant à Honoré, il commença les siennes, mais d'une façon quelque peu différente.

* * * * *

La marquise et Juliette ne pleuraient plus; elles vivaient dans l'espérance du succès. Tous les deux jours, Brettecourt et Florimont venaient rendre exactement compte à Honoré de ce qu'ils avaient fait. Florimont avait fourni à Brettecourt des moyens pratiques: il lui donnait des lettres de recommandation pour les personnes qu'il connaissait dans les divers quartiers de Paris. Et, dans chaque rue visitée par eux, ils étaient parvenus à établir une liste exacte des locataires de tous les immeubles.

Ils n'avaient encore fait aucune découverte intéressante; mais ils commençaient à peine, et ils étaient formellement décidés à aller jusqu'au bout sans se décourager. Quant aux frais nécessités par ces recherches, l'un et l'autre aurait voulu les supporter; mais Honoré, au nom de sa mère, leur avait déclaré que c'était à la famille de Villepreux seule qu'appartenait ce droit.

La marquise était la plus impatiente. Elle redoutait les fatigues qui devaient forcément accabler la maîtresse de son fils… Elle redoutait surtout le chagrin qu'elle avait du éprouver en se croyant abandonnée!