—Mais bah! fit-il, je ne pourrai décider ce que je dois lui dire que lorsque je l'aurai vue: ne change-t-on pas toujours ses plans au moment de l'action?
Ce fut sur cette phrase qu'après bien des tergiversations, il se décida enfin à pénétrer dans la maison de Marie Renaud.
Arrivé au quatrième étage, il eut un dernier trouble, avant de frapper à la porte, ce trouble du duelliste qui voit le terrain où il va tuer ou être tué. Il frappa. La grand'mère vint ouvrir.
—Madame Renaud? demanda-t-il d'une voix légèrement émue.
—C'est bien ici, monsieur.
Il s'avança et aperçut Marie, qui travaillait à sa table et qui n'avait pas encore levé la tête. Il la jugea aussitôt; noble et fière, intelligente, redoutable adversaire. Il ne devait pas avouer la mort de Jean: elle demanderait à aller prier sur sa tombe… Et alors, tout serait perdu.
Il la salua gravement.
—Mademoiselle Marie, je pense?
Elle se dressa brusquement, et elle crut comprendre: cet homme en deuil ressemblait à son bien-aimé…
—Jean est mort! s'écria-t-elle d'une voix poignante.