Mais, avant de recommencer ses recherches, il éprouva le besoin de bien confirmer ses soupçons en questionnant Guépin.
—Voudriez-vous, maître Guépin, me résumer aussi rapidement que possible, tout ce que vous m'avez dit depuis six mois?
—Je ne demande pas mieux, monsieur, répondit Guépin, enchanté de faire valoir ses services dans une occasion aussi solennelle.
Donc, il y a six mois environ, M. le comte était sorti un soir, dans le but de suivre M. le marquis; et je me trouvais moi-même dehors, dans la même intention. Les nouvelles allures de M. le marquis inquiétaient son frère, comme son fidèle valet de chambre. Nous nous rencontrâmes…
—Passez, passez, Guépin…
—Si je répète cela, monsieur, c'est simplement pour rappeler que c'est M. le comte qui m'a chargé de cette besogne, un peu trop basse pour lui, et qu'il s'en est fié à moi du soin de surveiller les nouvelles amours de M. son frère. Le marquis avait complètement abandonné ses anciens plaisirs…
J'ai cru longtemps que c'était pour une femme du monde et qu'il ne se cachait si bien que pour éviter la colère d'un mari jaloux.
Mais j'ai perdu cette conviction lorsque j'ai eu fait la remarque que M. le marquis ne mettait jamais son habit pour aller à ces rendez-vous, quoique ces rendez-vous eussent presque toujours lieu le soir: il s'y rendait en jaquette, même en veston.
Ce n'était donc pas une femme du monde, pas même une bourgeoise… A peine une toute petite bourgeoise!
Ici, le visage de Guépin prit un air de souverain mépris; et, tirant un gant de sa poche: