Il déplia tous les papiers posés devant lui, reconnut des lettres de Brettecourt, de Vauchelles; mais il ne trouva pas trace de la lettre qu'il cherchait.
Guépin, planté derrière lui, le dévisageait en goguenardant. Honoré recommença deux fois son examen, visita de nouveau les tiroirs, mais inutilement. La lettre de son frère n'était pas dans le secrétaire. Brusquement il se retourna vers Guépin et lui jeta un regard irrité, ayant presque envie de lui crier:
—Vous l'avez donc volée?
Mais Guépin demeurait impassible, dans l'attitude du correct domestique, qui attend que son maître l'interroge.
—Ah çà! maître Guépin, m'auriez-vous fait de faux rapports depuis six mois?
Guépin haussa les épaules.
—La preuve que je n'ai pas fait de faux rapports, c'est ce que M. le marquis a dit avant de mourir.
—Cependant, fit Honoré, tout démonté par la réponse si logique de
Guépin, puisque je ne la trouve pas, cette lettre?…
—Monsieur n'a peut-être pas suffisamment cherché.
Il y eut un silence. Honoré se calmait: évidemment, il avait mal cherché; cette lettre, il la découvrirait tout à l'heure, cachée peut-être entre deux tiroirs.