—Maintenant, monsieur peut agir en toute tranquillité.
Honoré se redressa et contempla quelques instants le visage glacé de son frère; puis tandis que Guépin verrouillait les portes, il se dirigea vers le secrétaire.
Il avait bien le droit de l'ouvrir maintenant: tout n'était-il pas à lui, ici?…
Guépin le rejoignait:
—Voici la clef, monsieur le marquis.
Honoré eut un tressaillement nerveux; il était atrocement humilié de se trouver sous la dépendance de ce domestique qui savait tout, qui pensait à tout. Guépin le remarqua; et son regard audacieusement fixé sur le marquis, semblait dire:
«Te révolte donc pas, mon bonhomme… Tu ne peux pas te passer de moi!»
Honoré avait pris la clef. La main un peu nerveuse, il ouvrit le secrétaire, et descendit la plaque, qui formait table en s'abaissant.
Devant lui, s'étalaient trois rangées de tiroirs. Il les enleva tour à tour et vida leur contenu sur la tablette.
C'était évidemment dans un de ces tiroirs que Jean avait enfermé la lettre destinée à sa mère.