—M. le marquis m'avait donné à ce sujet une explication… d'une nature extrêmement délicate.—C'est dans un moment de fougue, dans une heure d'oubli, que cette jeune fille est devenue la maîtresse de votre fils; et depuis, le marquis, comme honteux d'avoir abusé de sa douceur, l'a scrupuleusement respectée.

Et, très nettement:

—La date de la naissance de son enfant ne saurait donc être l'objet du moindre doute: votre cher fils me l'avait indiquée…

—Et cette date? balbutia la marquise.

—C'est la fin du mois de septembre, madame.

—Ainsi donc, pendant cinq mois, il faudra que j'attende au milieu des plus cruelles angoisses, en me disant chaque jour qu'une imprudence, qu'un excès de travail ou un stupide manque d'argent peuvent me faire perdre tout ce qui me reste de mon fils?… Non, non, c'est impossible!…

Qui sait même si cette jeune fille, se croyant trahie, abandonnée, déshonorée, ne voudra pas cacher son déshonneur dans la mort? Mais il faut la retrouver!

Et, avec la plus fiévreuse exaltation:

—Il le faut, messieurs!

—Madame, déclara le notaire, je vous engage ma parole de consacrer tous mes soins à cette tâche; M. de Brettecourt, je pense, m'y aidera… du moins pendant son congé?