—Quelle peine je te fais, ma chérie! murmura la marquise.
La jeune fille cacha sa tête en sanglotant sur les genoux de sa tutrice.
C'était le sacrifice de son premier amour, tous ses rêves de jeunesse.
—Ma chérie, continuait la marquise, Jean prévoyait sa mort: il avait remis son testament entre les mains de M. Florimont.
Dans ce testament, il te priait de traiter cette femme comme si elle avait été légitimement sa femme; il te demandait son amitié pour son enfant… Refuserais-tu d'obéir à ses dernières volontés?…
—Moi, mère? s'écria la jeune fille avec un mouvement de noble enthousiasme. Non, mère, non! je ne faillirai pas à… à l'amitié! La pure amitié que j'avais vouée à Jean! Faites-moi connaître cette femme, et je l'aimerai!
Puis elle bégaya:
—Et son enfant… l'enfant de Jean… comment ne l'aimerais-je point?
—Bien, ma chère Juliette, bien! Je n'attendais pas moins de toi!
La marquise l'embrassait avec une folle tendresse.