—Brave cœur! murmura Brettecourt.
—Et… toi, mon fils? interrogea la marquise, que le silence d'Honoré inquiétait.
C'est qu'Honoré préparait sa réponse.
—Ma mère, dit-il, je vous avoue que je ne puis être que blessé d'avoir été mis ainsi presque en dehors du cœur de mon frère! Mon frère ne rendait donc pas justice à mon cœur?… Il aurait eu en moi un confident si naturel… et si indulgent à ses projets! Mais j'aurais déjà agi!… J'aurais pu, dès le lendemain de sa mort, devancer vos désirs, consoler cette femme… dont je viens seulement d'apprendre l'existence; et je suis tout surpris de ce que M. de Brettecourt ait cru devoir faire ses confidences à ma mère d'abord, au lieu de me les faire à moi, qui suis devenu le chef de notre famille…
—J'espérais surtout dans l'indulgence de votre mère! balbutia
Brettecourt, un peu interloqué.
—Vous auriez dû surtout espérer en mon honneur, mon cher comte! Vous me connaissez assez pour savoir à quel point le sang des Villepreux m'est sacré… Et, tout particulièrement le sang de mon frère bien-aimé! Quoique Jean m'ait toujours traité un peu dédaigneusement, j'honorerai, je défendrai tout ce qui vient de lui, même d'une façon irrégulière.
Et, très solennellement, il ajouta:
—La femme qu'il a aimée sera une sœur pour moi; et quant à son enfant, si c'était un fils, la loi, mon cher Florimont, me permet, je crois, de lui donner mon nom?…
—Oui, monsieur le marquis.
—Quoi!… Tu ferais cela? s'écria la marquise, qui tremblait depuis que son fils avait pris la parole.