Il était assez perplexe, étonné de ce qu’il venait d’entendre ; toutefois les choses commençaient à se préciser dans son esprit. Il lui apparaissait désormais évident, certain, que trois hommes étaient venus successivement voir Paulette de Valmondois.
Le premier c’était lui, le dernier Léon Drapier. Quand au second, le mal poli, comme disait la bonne, l’homme au visage dissimulé par son collet de manteau et son chapeau, celui qu’on n’avait point vu sortir de l’appartement, c’était l’inconnu, c’était le mystère…
— Ce que j’en pense ? répondit Juve, mais pas grand chose, ma petite. Ce que je vous en ai dit, c’est histoire de bavarder.
La Normande était enchantée de l’importance qu’elle prenait dans l’aventure. Elle avait encore soif, mais cette fois elle demanda à la concierge :
— Encore du vulnéraire !
Elle y prenait goût décidément. Juve la considéra d’un œil de pitié.
— Pauvre petite gamine ! pensa-t-il. Encore une qui aurait bien mieux fait de garder ses vaches dans sa campagne que de venir à Paris où elle se perdra, tôt ou tard.
Juve, cependant quittait la loge, non sans avoir, comme on dit vulgairement, graissé la patte à la concierge pour la féliciter de la façon adroite dont elle s’était comportée pendant cet interrogatoire que Juve faisait clandestinement subir à la Normande.
Le policier se disposait à monter désormais à l’appartement de Paulette, mais à peine était-il engagé dans l’escalier qu’il dut reculer.
Des hommes descendaient lentement, portant une civière qu’ils avaient grand-peine à faire passer dans les tournants brusques de l’escalier.