Juve recula, se dissimula dans un angle du vestibule ; la civière passa devant lui.
Le policier eut tout le temps d’observer la malheureuse qui se trouvait sur ce lit de douleur.
C’est à peine s’il reconnaissait la séduisante jeune femme qu’il avait vue, quelques heures auparavant, si coquettement attifée, si gracieuse dans son déshabillé d’intérieur.
Ses joues fraîches n’avaient plus leur coloration rose et veloutée. Ses yeux pétillants étaient clos, les paupières s’étaient abaissées, dissimulant l’éclat des prunelles, et lorsque l’une d’elles s’entrouvrait, elle laissait filtrer un regard vitreux, sans expression.
Ses lèvres étaient toutes pâles, et les cheveux de la malheureuse, au lieu d’être savamment ébouriffés sur ses tempes, étaient tirés en arrière, nattés par les soins d’une infirmière. Son front apparaissait bas et fuyant, complètement dénudé.
Étendu sur la civière, le joli corps de Paulette de Valmondois semblait n’être plus qu’une loque informe, sans consistance et sans grâce.
Un vague gémissement ininterrompu partait de cette dépouille que la plupart des assistants s’accordaient à considérer comme une dépouille mortelle.
— Elle n’est pas encore décédée, chuchotaient les commères qui surgissaient de tous les côtés, mais elle n’en vaut guère mieux !
— Une balle de revolver dans la poitrine, ça ne pardonne pas !
On avait jeté sur la malheureuse une sorte de grand drap qui ressemblait à un suaire. Elle était à demi-nue sous ce drap.