Cependant que M. Havard pérorait ainsi, Juve, qui l’écoutait d’une oreille distraite, visitait attentivement l’appartement de Paulette de Valmondois. Il allait d’une pièce à l’autre, et le chef de la Sûreté le suivait, très heureux de raconter à Juve tout ce qu’il croyait savoir.
L’attitude de Juve, cependant, était si bizarre, le policier fouillait l’appartement avec tant de minutie, que M. Havard s’en aperçut. Il comprit les motifs de l’attitude de Juve.
— Je vous vois venir, mon cher ! Vous cherchez midi à quatorze heures, et si vous observez tous les détails de cet appartement, c’est que vous vous demandez s’il n’y a pas eu crime !… Rassurez-vous, Juve ! Je suis sûr de ce que j’avance. Paulette de Valmondois a voulu se suicider !… Au surplus, lorsque je l’ai relevée, elle me l’a presque avoué.
— Ah ! fit Juve, qu’entendez-vous par presque avoué ?
— Voici ! fit Havard. Je reconnais qu’elle était dans un état bien précaire lorsque je lui ai adressé la parole. Je l’ai soulevée, elle a crié, alors je lui ai demandé si elle souffrait.
— Vraiment ? fit Juve ironique.
— Naturellement ! fit Havard qui ne comprenait point la naïveté des paroles qu’il venait de prononcer.
— Et alors ? poursuivit Juve.
— Alors elle a désigné, d’un geste à peine sensible, sa poitrine à l’endroit où saignait la blessure.
« — Vous avez eu tort ! lui dis-je. Il est défendu de se donner la mort. Vous avez donc eu bien du chagrin, bien du désespoir ?