— Mon Dieu ! monsieur, vous m’ahurissez, vous me parlez de cigares, de fleurs… Tout à l’heure, vous faisiez un interrogatoire sur les couleurs que je préfère !… Et vous me demandiez si mon mari était partisan des bouts carrés ou des bouts pointus pour les chaussures !… Vraiment, où voulez-vous en venir ?

Le journaliste, qui s’était animé, vint se placer en face de M me  Drapier et sagement il articula :

— Je veux en venir, madame, à l’information parfaite, au reportage documenté complet. Je suis de l’école du journalisme compris à l’américaine, et j’ai l’honneur d’avoir fait mes débuts dans la carrière sous l’égide de notre célèbre confrère, Jérôme Fandor. Ah ! madame ! quel dommage qu’il ne soit point resté dans la presse ou qu’il ne nous envoie point de reportage sur les terribles et tragiques aventures qu’il vit perpétuellement lorsqu’il est à la poursuite de Fantômas ! Madame ! s’écria Mirat dans l’élan de sa péroraison, si Jérôme Fandor était ici, peut-être découvrirait-il la clef du mystère ! Peut-être le mystère du crime qui s’est produit dans votre demeure l’éclairerait-il d’un jour nouveau en y découvrant la trace de Fantômas !…

M me  Drapier était absolument abasourdie par l’éloquence extraordinaire de ce journaliste.

Au surplus, celui-ci ne tenait pas en place.

Il allait et venait dans la salle à manger. Tout en bavardant, il furetait partout, regardait de tous côtés.

À un moment donné, ayant soulevé une portière, il constata qu’elle dissimulait une porte et demanda :

— De l’autre côté, madame, c’est bien le cabinet de travail de M. Léon Drapier ?

— Oui, monsieur, fit Eugénie Drapier en étouffant un soupir.

Le journaliste se rapprocha d’elle.