Elle était tout simplement meublée d’un grand lit de fer, au-dessus duquel pendait, attachée au plafond, une corde terminée par une poignée.

Il était impossible, en entrant dans cette pièce, de ne pas comprendre que ceux-là seuls qui souffraient, qui risquaient de mourir, consentaient à habiter un pareil endroit. Aussi bien qui donc aurait pu dire combien de mains crispées s’étaient accrochées à cette corde, combien de corps douloureux avaient essayé de se soulever en s’agrippant à elle ?

M lle  Berthe, du premier coup d’œil examinait la malade couchée dans le lit et immobile.

— Comment ça va, ce matin ? demandait-elle par habitude de métier.

Une voix faible, très faible, ripostait lentement :

— Mieux, il me semble. J’ai moins de fièvre.

Et c’était la demande habituelle, la demande classique, celle que formulent tous les blessés :

— Est-ce que le médecin ne va pas venir, ce matin ?

— Si, riposta M lle  Berthe. Vous allez avoir des visites. Il faudra être sage et ne pas trop vous agiter.

En parlant, d’un geste machinal, l’infirmière tapotait les oreillers. Elle arrangeait les couvertures, disposait en ordre les quelques flacons qui traînaient sur les tablettes, reculait le verre comble jusqu’au bord d’une potion calmante.