Si M lle  Berthe, en effet, avait un visage tout souriant, contrairement à son habitude, c’est qu’elle tenait par la main un bambin qui n’était autre que le petit Gustave, celui-là même que le père Martin avait joué au zanzibar et dont il s’était débarrassé sous prétexte que ses mois de nourrice n’étaient pas régulièrement payés.

M lle  Berthe, comme toutes les pierreuses de la veille, venait d’être touchée par la grâce de l’enfant qu’elle tenait par la main.

— On peut laisser entrer ? répéta-t-elle.

Le Dr Tillois eut un geste de mécontentement.

— C’est insupportable ! déclarait-il. Cela va encore la fatiguer. Enfin, faites entrer son gosse, qu’il l’embrasse et qu’il s’en aille !

La permission était donnée, c’était tout ce que voulait M lle  Berthe. Elle prenait le bambin dans ses bras, elle s’approchait du lit.

Paulette de Valmondois, cependant, évidemment épuisée par les efforts qu’elle avait faits pour écouter le juge d’instruction et lui répondre, avait fermé les yeux.

— Tenez ! appela l’infirmière, regardez qui vient vous voir !…

Et elle penchait le gosse sur le lit.

Alors, l’ordinaire miracle de l’amour maternel se produisit. Il parut brusquement que Paulette reprenait conscience d’elle-même, qu’elle recouvrait une subite santé. Ouvrant les yeux, elle avait aperçu le visage de son fils. Le petit la reconnaissait à peine, vaguement effrayé par cette dame qui était si pâle et qui bougeait si peu.