— C’est abominable ! déclarait le Dr Tillois. Il n’y a aucun doute à conserver, et c’est à croire que nous sommes revenus à l’époque des Borgia… Cette Paulette de Valmondois est morte empoisonnée, empoisonnée par les fleurs que lui a apportées son fils… Qui donc envoyait l’enfant, par exemple ?

Le préparateur ôtait son masque, il eut un geste de doute :

— Ça, c’est plus curieux, remarquait-il. J’ai vu M lle  Berthe il y a un quart d’heure, il paraît que c’est une femme qui a amené le petit, mais cette femme a disparu… Personne ne sait ce qu’elle est devenue…

— Naturellement ! dit Tillois.

Le chirurgien, à deux reprises, se passait la main sur le front.

— C’est abominable ! murmurait-il. Un crime comme cela, cela vous donne le frisson !…

Et le grand chirurgien, le célèbre Dr Tillois, celui-là même qui, par ses opérations osées, tentait la mort chaque jour, ne pouvait s’empêcher de pâlir.

Le Dr Tillois était un jeune marié, il avait un enfant un peu moins âgé que le petit Gustave. Le chirurgien oubliait la science, l’homme s’épouvantait d’un drame dont il comprenait brusquement toute l’atrocité.

Un instant, il resta silencieux, puis il déclara froidement :

— Il faudra prendre les dispositions pour prévenir la famille, si cette femme a de la famille. En tout cas, je vais aujourd’hui même avertir la police, le crime n’est pas douteux, l’assassinat est flagrant !