Dégueulasse et Fumier étaient tout simplement dans une gouttière. Il faisait nuit sombre. Le vent sifflait avec rage, à grosses gouttes la pluie commençait à tomber.
Dégueulasse et Fumier, une heure plus tôt, s’étaient tranquillement cachés dans le musée des uniformes installé aux Invalides. Ils en étaient sortis aux environs de neuf heures du soir. Une lucarne ouverte leur avait permis de descendre sans difficulté sur la toiture d’un petit bâtiment. De là, en hommes qui connaissent le chemin, ils s’étaient dirigés sans hésitation vers d’énormes crampons de fer scellés dans une muraille qui leur avaient servi d’escalier.
Dégueulasse et Fumier, invisibles dans la nuit, s’étaient hissés par ces crampons. Leur ascension avait été pénible et n’avait pas été dépourvue de péril. Il leur avait fallu grimper longuement et ils étaient à bout de souffle lorsqu’ils parvenaient dans une vaste gouttière où Fumier perdait son fond de culotte.
Dégueulasse paraissait ne pas porter attention aux mésaventures de son compagnon.
— Bon, bon, gueule pas ! conseillait-il. Mets-y un bouchon cacheté, ma vieille ! Des fois, ça n’a pas d’importance, l’essentiel est que maintenant on touche au turbin. As-tu les outils, nom de d’là ?
— Bien sûr, que je les ai !
Ils avancèrent encore. Une échelle de fer leur servit opportunément à se hisser à nouveau.
— Qu’est-ce que c’est que ce toit-là ? interrogea Fumier.
— Le toit de la chapelle, c’est là-dedans qu’il y a les drapeaux.
Dégueulasse paraissait très renseigné, il continuait :