La Puce était furieuse et roulait des yeux terribles, cependant que, très flattée, Marie-Salope, qui n’appartenait à personne, étant un peu la femme de tout le monde, plastronnait avantageusement.
— Vas-y, Mon-Gnasse ! Fais-lui fermer l’bec… Non, mais, elle n’te f’ra pas peur, hein, mon homme ?
On crut qu’une dispute aller naître, mais, à ce moment, une diversion heureuse naquit par le fait du patron du bouge qui apportait sur la table quelques verres en compagnie d’une bouteille d’absinthe entamée.
Œil-de-Bœuf, immédiatement, commença une chanson bachique.
Plus pratique, Bec-de-Gaz reniflait la bouteille. Dégueulasse et Fumier, à ce moment, tournaient autour de la table en se menaçant de s’étriper.
— Attends voir, salaud, commençait Dégueulasse qui fuyait devant Fumier. Attends voir un peu que j’m’en vas t’laisser mon absinthe ! Plus souvent qu’tu la licherais à ma place. J’aimerais mieux m’en extirper le nombril !
Il y eut des explications orageuses, on comprit enfin le motif de la querelle.
Dégueulasse et Fumier avaient joué le matin même au dé la tournée du soir. Il s’était trouvé que Fumier avait gagné, il venait de rappeler la chose à Dégueulasse, et il émettait la prétention de boire les deux absinthes. Naturellement, Dégueulasse protestait avec énergie.
Ma-Pomme, heureusement inspiré, trouva le mot de la situation.
— Eh, fichez-nous la paix ! commença-t-il. Y en aura pour tout le monde ! D’accord, c’est pas soi qu’on paye.