La Puce se tut, haussant les épaules, cependant que Mon-Gnasse, tranquillement, crachait par terre, pris soudain d’une colère furieuse.
— Ah puis, ça va bien ! faisait-il. Faudrait voir à voir à n’pas nous engueuler ! On n’est pas des zigs à s’laisser faire… J’veux des égards pour ma marmite, moi !
M. Havard coupa net la tirade.
— Je vous préviens, disait-il, que si vous continuez sur ce ton, je vais sévir…
Mais Mon-Gnasse se trompait et ne comprenait pas.
— Qu’est-ce que tu vas servir, farceur ? Ah ça, c’est donc la tôle au grand Dab, icigo ?… On vient d’se caler l’estomac et tu parles de r’commencer ? C’est ta tournée, alors ? Tu payes le café ?
Mon-Gnasse, évidemment, crânait. M. Havard, cependant, le laissait aller, sachant fort bien, grâce à son habitude des interrogatoires, que les accusés qui bavardent beaucoup, posent à être forts, sont en réalité ceux qui se troublent le plus.
Tranquillement, M. Havard demandait :
— Allons, allons, du calme ! Et finissons-en ! Voyons, ne nous faites pas perdre de temps ! Voulez-vous avouer, Mon-Gnasse ?
Or Mon-Gnasse, à cette demande, feignait une profonde stupéfaction.