Mais dès lors que l’apache commençait à discuter, dès lors qu’il répondait aux questions qu’on lui posait, il était d’avance perdu.
Juve ne lui laissa pas le temps de réfléchir.
— Le bifteck, déclarait-il, ce sont les pièces d’or que vous aviez hier soir, toi et ta femme. D’où viennent-elles ? Allons, parle !
Le teint de Mon-Gnasse était devenu terreux. L’apache, à ce moment, sentait que les choses tournaient mal pour lui. Bien sûr, il se rendait compte que ces pièces d’or découvertes dans sa poche, trouvées dans les bas de la Puce, constituaient une charge inquiétante. Comment expliquer leur présence ?
D’une voix qui hésitait déjà, Mon-Gnasse expliqua :
— Eh bien quoi, les jaunets y n’devaient rien à personne ! J’ai pas à expliquer ma fortune !
— Si, fit Juve. Quand on n’est pas propriétaire, il faut…
Mais Mon-Gnasse venait d’inventer une explication, il se hâta de la donner :
— Eh bien, voilà ! commença-t-il. Ce pèze-là, je l’ai gagné aux courses. J’voulais pas l’dire, parce que mes théories sont contre les courses et que j’suis honteux d’la chose…
En parlant, Mon-Gnasse jetait des coups d’œil sournois pour s’assurer de l’effet que produisaient ses paroles.