— Mais, monsieur le directeur, déclara-t-il, ce sont les visiteurs. Il y en a comme ça tous les jours, nous donnons des autorisations assez régulièrement pour qu’on puisse visiter.

Léon Drapier se tourna tout d’une pièce vers le chef de la surveillance.

— Eh bien ! vous ne donnerez plus de ces autorisations à partir de maintenant. Je décide qu’on ne visitera plus la Monnaie jusqu’à nouvel ordre, et, pour commencer, vous allez me faire expulser tous ces gens-là !

Quelques instants après, le groupe des visiteurs, qui déjà s’était introduit dans l’atelier de la frappe d’or, éprouvait une grosse désillusion…

Tandis que le guide, vraiment documenté, était en train de leur expliquer avec le concours des ouvriers la façon ingénieuse et pratique grâce à laquelle on faisait les mélanges des métaux pour obtenir la solidité nécessaire aux pièces d’or, un huissier de l’administration intervenait, coupait la parole à l’orateur, puis lisait une déclaration rapidement écrite sur papier à en-tête aux termes de laquelle les visiteurs étaient priés de se retirer immédiatement.

Le guide n’essayait pas de protester, car il savait que ces sortes de décision sont immuables, mais les clients étaient furieux.

Ils avaient payé d’avance leur voyage, le programme de celui-ci comportait la visite des ateliers de la Monnaie…

L’un d’eux, tout particulièrement, une sorte d’Américain, tempêtait plus que les autres.

— Je vous ferai un procès ! faisait-il au guide, cela ne se passera pas comme ça !

— Cas de force majeure, monsieur, articulait le guide.