Et, quelques instants après, la foule des visiteurs obligée de quitter l’atelier se retrouvait dans la cour de l’hôtel, gagnait la sortie.
L’Américain continuait à tempêter, il ameutait les autres voyageurs. Le guide ne savait plus où donner de la tête, et comme tous ces gens faisaient un formidable tapage, quelques ouvriers qui travaillaient à l’atelier des monnaies d’or quittèrent leurs occupations pour aller dans la cour assister en curieux à la discussion.
Deux d’entre eux venaient à peine d’abandonner leur poste que de sous une sorte de tréteau surgissait une forme humaine qui s’y était dissimulée.
Assurément, ce personnage s’était introduit dans l’atelier avec les visiteurs et il s’était abstenu de sortir en même temps qu’eux.
Ce personnage était vêtu de noir, portait un vêtement souple n’attirant point l’attention. Il tenait à la main des gants noirs et une sorte de foulard, noir également, qui avait tout à fait l’air d’une cagoule.
Évidemment, pour s’être dissimulé de la sorte et caché dans un endroit si surveillé, l’homme devait avoir une audace extrême !
À peine sorti de sous le tréteau qui lui avait servi momentanément d’abri, il ne s’attarda point dans l’atelier de l’or où se trouvaient encore un contremaître et deux autres ouvriers.
Sans faire le moindre bruit, car assurément il avait des semelles feutrées, il se glissa le long d’un mur obscur, se confondant presque avec la cloison.
Puis, à un moment donné, comme une sorte de monte-charge parvenait à la hauteur d’une ouverture pratiquée dans ce mur, l’homme, avec une extraordinaire agilité, se lança dans ce monte-charge qui ralentissant à peine sa marche, continuait à s’élever au sommet de l’immeuble.
Le mystérieux personnage, au moment où il allait arriver dans les combles de l’hôtel des Monnaies, tout en restant accroupi dans le monte-charge, sortait un revolver de sa poche et l’armait.