Fantômas avait opéré dans ce tuyau une très légère ouverture par laquelle il pouvait introduire à l’intérieur du tube au maximum deux louis d’or à la fois.
Fantômas ne se lassait pas de déverser, dans cette étrange tirelire, le plus de louis qu’il pouvait sans se soucier, en apparence, de l’endroit où cet or allait sortir du tuyau.
En fait, il le savait…
Et si quelqu’un s’était avisé de surveiller les abords de la Seine, à la hauteur du Pont-Neuf, on aurait remarqué qu’à maintes reprises, notamment à la tombée de la nuit, une barque montée de deux pêcheurs venait s’amarrer à un anneau du quai de la rive gauche.
Les pêcheurs jetaient leur ligne patiemment, attendaient un poisson qui ne se faisait jamais prendre, et, tandis qu’ils avaient l’air de se livrer à ce sport pacifique, en réalité, avec une sorte de herse, ils raclaient le fond de la Seine.
Les branches arrondies de leur crampon finissaient par rencontrer l’anneau d’une solide caisse qu’ils attiraient à eux.
Or, c’était dans cette caisse que venait aboutir le tuyau communiquant avec la cave de la Monnaie, dans lequel Fantômas passait des heures à introduire des louis d’or deux par deux !
Fantômas, ce jour-là, agissait avec une fébrile activité.
Il avait découvert non plus des pièces de monnaie qui ne seraient pas mises en circulation avant longtemps, mais tout un lot de louis qui allaient, le mois prochain, être répandus dans le public.
Le bandit avait été rendu sage par l’alerte donnée dans sa bande par la saisie des louis n’ayant pas cours dont il avait été involontairement cause.