— Qu’en savez-vous ? fit le chef de la surveillance.

L’homme, plus sèchement encore, répliqua :

— Je le sais, cela suffit ! Mais je vous répète ma question : savez-vous ce qu’il est devenu ?

— Ah ça ! commença le brigadier, mais d’abord qui êtes-vous ? À qui avons-nous l’honneur de parler, et comment vous êtes-vous introduit vous-même dans l’hôtel des Monnaies ?

Un léger sourire erra sur les lèvres du personnage, qui murmura entre ses dents :

— Je suis comme chez moi à la Monnaie, je m’appelle M. Mix !

Ce nom ne disait rien au brigadier, mais le chef de la surveillance salua légèrement en l’entendant prononcer ce nom.

— Ah ! pardon ! dit-il, j’ignorais… Je ne vous connaissais pas… ou plutôt je ne vous reconnaissais pas, monsieur, car lorsque je vous ai vu dans le cabinet de M. le directeur, vous aviez, il me semble, une grande barbe blonde…

M. Mix, car c’était bien lui, sourit encore :

— Alors, c’était un vendredi !… Généralement, le vendredi, je mets ma barbe blonde. Je réserve ma barbe blanche pour les dimanches, les jours où l’on s’habille, car c’est plus salissant… Il m’arrive parfois d’être borgne aussi et d’avoir un grand bandeau sur l’œil… Quelquefois, je mendie armé de béquilles, mais c’est irrégulier… entre onze heures et midi toutefois. Enfin, monsieur, je suis détective et, par ce fait, cela n’a rien d’étonnant à ce que vous ne m’ayez pas reconnu !