Rapidement alors, mais sans courir, de peur d’attirer l’attention sur lui, l’homme, tournant les talons, s’éloigna.
— Il faut fuir ! murmurait-il les dents serrées. Il faut fuir ou je me fais pincer…
Il ne tremblait pas d’ailleurs, gardait un sang-froid extraordinaire, paraissait de taille à envisager en face les événements, à se battre contre eux jusqu’à ce qu’il en eût triomphé.
L’homme marcha pendant dix minutes…
Il ne s’était pas éloigné cependant, car la nécessité où il était de ne point faire de bruit l’obligeait aux plus grandes précautions. Il devait éviter les matériaux, il devait éviter surtout les frères de la pègre qui dormaient encore.
Brusquement, cependant, il s’arrêta.
En face de lui encore, il discernait une série d’ombres noires qui, descendant un petit escalier, gagnaient la berge et se déployaient encore en éventail.
— Très bien… parfait ! murmura l’homme. Encore des agents !… Je suis cette fois entre deux barrages de policiers qui marchent l’un au-devant de l’autre et qui se rencontreront dans quelques instants chassant devant eux, raflant tous ceux qu’ils auront rencontrés.
Le personnage, un instant plus tard, murmurait :
— Toute la difficulté consiste à ne pas être de ceux-là !