Juve enquêtait toujours et enquêtait avec d’autant plus d’énergie, d’autant plus de rage, d’autant plus de persévérance que ses enquêtes n’avançaient guère, qu’il ne découvrait pas grand-chose, ce qui, naturellement, piquait de plus en plus sa curiosité.

Que se passait-il, d’ailleurs ? Quelle était la véritable explication aux phénomènes troublants, inquiétants et tragiques qui se succédaient de jour en jour ?

Pourquoi le valet de chambre Firmain avait-il été assassiné ? Pourquoi Paulette de Valmondois était-elle morte ? Comment se faisait-il que des pièces d’or antidatées s’échappaient de la Monnaie, échappaient plutôt à la vigilance du directeur, Léon Drapier ?

Juve ne savait rien de tout cela.

Il avait deviné, certes, que Fantômas était mêlé à ces sombres aventures. L’ombre effroyable du bandit, du Roi de l’épouvante, du Maître de tous et de tout, planait sur ces mystères. Cela n’était pas douteux, mais c’était peut-être la seule certitude que Juve eût osé mettre en avant.

Ah ! l’invraisemblable aventure que celle de ce malheureux Léon Drapier que la police, de plus en plus, tendait à considérer comme coupable !

Juve, lorsqu’il y réfléchissait, grinçait des dents, serrait les poings, s’emportait contre le sort qui lui semblait injuste et mauvais…

Ce n’est pas Léon Drapier, pourtant, qui a coupé la langue à Mon-Gnasse et à La Puce !…

L’horreur dernière, l’effroyable mutilation, imposée aux deux apaches troublait et inquiétait Juve au plus haut point.

Il n’était pas, en effet, il ne pouvait pas être victime des choses à ce sujet.