— Les affaires, non, ça n’va pas ! On n’fait rien ! On s’serre la ceinture ! Pas même de quoi s’emplir les dents creuses ! Et toi, du pèze ?

— Oui, du pèze ! répondit Juve.

Le vieux se rapprocha curieusement… Une flamme de convoitise brillait désormais dans ses yeux.

— Ah ! faisait-il, tu as du pèze sur toi ?

Juve, à ce moment, frémit. Peut-être bien venait-il de commettre une terrible imprudence en se vantant ainsi ! Qui prouvait que ces gens qui l’entouraient, qui étaient des bandits, n’allaient point se jeter à l’improviste sur le policier ?

Ils n’hésiteraient certainement pas devant un crime ! Ils ne reculeraient pas devant un meurtre !

Et Juve, à les contempler, comprenait que pour ces misérables la vie d’un homme pesait si peu qu’ils tueraient sans hésiter pour quelques sous, pour quelques pièces d’argent.

Juve, pourtant, comprit qu’avant tout il ne fallait pas laisser deviner son émoi.

La gaffe est faite, estima-t-il, il faut maintenant marcher jusqu’au bout !

Et, tranquillement, il affirma :