— Il y a de la place ! répéta Juve.

Mais ce qui surprenait surtout le policier, ce qui l’avait troublé, lui, l’homme impassible dont le sang-froid prodigieux ne s’étonnait jamais, c’était qu’en réalité ces souterrains étaient peuplés d’une foule de bandits.

D’où sortaient-ils donc tous ?

Juve, avec frayeur, contempla ces hommes qui avaient d’épouvantables figures de vice et de crime. Ils semblaient issus de l’ombre. Peut-être dormaient-ils quelques instants avant, couchés sur la paille, ou bien alors il y avait des trous qui communiquaient avec la galerie principale, et c’était de ces anfractuosités insoupçonnables que les misérables accouraient !

Juve, cependant, s’était adossé à la muraille. Il tenait son revolver, il fronçait les sourcils, nerveux, inquiet.

— Vous êtes nombreux ? dit le policier.

— Oui, ricana encore le chef. Ça grouille, ici.

Et il ajoutait avec un sourire ignoble qui découvrait sa bouche édentée :

— Ceux qui nous connaissent nous surnomment les Grouilleurs.

À ce moment la scène devint fantastique. L’un des individus qui entouraient Juve avait jeté dans le foyer une bûche résineuse et celle-ci brûlait avec de grandes flammes jetant d’extraordinaires reflets rouges.