Alors le chef se tourna vers Juve.
— Job Askings ! dit-il. Celui-là, c’est mon fils… C’est lui qui commandera dans l’Enfer quand je serai mort. Il est brave…
— Il est brave ! s’inclina Juve.
Et toujours le policier se croyait transporté en un pays fantastique. Toujours il avait l’impression de vivre un cauchemar.
Qu’ils étaient donc étranges, ces hommes, ces Grouilleurs qui semblaient si terribles et qui, d’autre part, vivaient avec des mœurs quasi patriarcales, le père étant chef, le fils devant prendre sa succession, et tous respectant une loi unique !
Le vieillard, cependant, continuait :
— C’est mon fils et il ne craint rien. Tu l’entends, d’ailleurs ? Ici, nous sommes en sûreté, il n’y a pas de policier au monde qui puisse découvrir cet asile…
— En effet ! dit Juve qui, à cette déclaration, avait envie de sourire.
— Eh bien, continua l’homme, quand mon fils entend des coups de feu, il ne peut plus tenir en place… Il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille se battre !
Il y avait une étrange grandeur dans les paroles de ce misérable, qui semblait ainsi si fier des ardeurs belliqueuses de son rejeton.