Et le policier, qui déjà songeait à tirer parti de la situation, s’applaudissait de cette erreur.

— Très bien ! très bien ! pensait-il. Il ne faut pas que Fantômas se doute de la vérité !

Juve, à ce moment d’ailleurs, éprouvait brusquement une extraordinaire émotion.

— Ah ça ! mais n’y avait-il pas un rapprochement à faire entre les extraordinaires habitants de l’Enfer, entre les Grouilleurs qui fréquentaient les égouts et les larves qui jadis, au moment des affaires du Japisme, avaient si fort épouvanté Paris ?

Juve, alors, avait multiplié les enquêtes pour savoir ce qu’il était advenu du terrifiant royaume des ténèbres que Fantômas avait fondé à cette époque. Il n’en avait jamais eu de nouvelles. Les complices de Fantômas avaient ou semblaient avoir disparu. Les Grouilleurs n’étaient-ils pas leurs successeurs ?

Ce n’était pourtant pas le moment de réfléchir, et Juve, d’ailleurs, ne mettait qu’une seconde à peine à penser à toutes ces choses.

Fantômas était à deux pas de lui ! Il était là dans l’ombre, à la merci de ses coups, si d’aventure il pouvait l’apercevoir.

Cela affolait Juve au point que, marchant au hasard, étendant le bras, il s’avança.

— Fantômas !… Fantômas ! criait le policier. Si tu n’es pas un lâche, viens t’attaquer à moi !

Mais à ce moment, et comme Juve s’attendait à ce que le Maître de l’épouvante bondît contre lui, comme il était prêt à supporter son assaut, Juve se sentit soudainement saisi par des mains vigoureuses qui l’immobilisaient, le ligotaient, l’emportaient comme un paquet.