On l’avait pris par les pieds et par les épaules, on le secouait pas mal, et cette façon de voyager n’avait rien de particulièrement agréable.
La fusillade, d’ailleurs, continuait. Elle semblait toutefois diminuer d’intensité, les coups de feu devenaient de plus en plus rares.
— Fantômas, peut-être, songea Juve, s’occupe à rallier ses hommes… Il les oblige à faire retraite, il les fait reculer !
Et, en disant cela, en le pensant plutôt, car Juve n’articulait pas une parole, le policier ne pouvait s’empêcher de sourire d’un sourire mystérieux.
Juve, en effet, pendant qu’on le transportait et alors qu’on le brutalisait tant soit peu, paraissait véritablement heureux, enchanté au possible.
— Il me semble que je comprends, disait-il, que je comprends bien des choses…
Ces réflexions, toutefois, étaient fort brusquement interrompues. À côté de lui, une voix venait de murmurer :
— Derrière ce tas de briques, nous sommes à l’abri des balles. Déposez le prisonnier à terre, il faut l’interroger !
À l’instant même, ceux qui transportaient Juve ouvrirent les mains. Le policier se sentit choir sur le sol rudement, il poussa, malgré son bâillon, un grognement de colère.
— Doucement, nom d’un chien !