Juve se demandait :

— Mais enfin, que s’est-il passé ? À qui la police livre-t-elle bataille ?

Et, récapitulant les événements, Juve parvenait difficilement à les comprendre. Il était évident que le commencement de l’affaire résidait tout entier dans la poursuite qui avait eu lieu à la Monnaie lorsqu’il y avait été à moitié surpris en train d’espionner, de surveiller, d’enquêter… dissimulé sous un tas d’or.

À ce moment-là, Juve était entré dans l’Enfer. À ce moment-là encore, on avait donné l’alarme à la police. Les agents avaient dû très certainement commencer une rafle parmi les pauvres hères qui couchaient sur les berges. Au cours de cette rafle, Fantômas était survenu en compagnie des apaches de sa bande ; à lui s’étaient joints les Grouilleurs, et tous ces individus sans aveu avaient livré bataille rangée aux hommes de la préfecture.

— Bien ! bien ! approuvait Juve qui était certain de ne point se tromper, car il ramenait tous les événements extraordinaires à un enchaînement réellement logique. Bien ! très bien ! Mais maintenant, que vais-je faire ?

Juve semblait hésiter sur le parti à prendre. Parvenu sur les quais, il prêta l’oreille. On n’entendait plus aucun bruit. Non seulement la lutte était finie, mais les agents avaient dû renoncer eux-mêmes à toute espèce de poursuite qui pouvait être dangereuse et dont l’utilité n’apparaissait pas.

Le policier hocha la tête. Quelques instants plus tard, toutefois, il ajoutait :

— Décidément, il est très habile, ce M. Mix qui a fait ma capture ! À l’occasion, il faudra que je le félicite !…

Et Juve souriait d’un air bonhomme, en songeant à ces louanges qui, cependant, étaient à coup sûr méritées…

XX