Il tendit donc ses muscles, il fit effort de toute sa puissance et, sans respect pour les terribles souffrances qu’il s’occasionnait, il arriva petit à petit à faire plus lâches les cordes qui meurtrissaient ses poignets, qui ligotaient ses chevilles.

Juve, quelques instants plus tard, pouvait sortir l’une de ses mains du nœud coulant qui le tenait immobile. Le reste n’était plus qu’un jeu d’enfant. Libre de se remuer désormais, Juve, en quelques secondes, arrivait à se libérer tout à fait.

Il déliait les cordages, il faisait sauter le bâillon qui l’étouffait et, titubant, endormi, à demi asphyxié et fort étourdi, Juve se trouva debout, debout et libre…

— Tout va bien ! déclara alors le policier, de son habituel ton de voix tranquille. Je n’ai plus qu’à m’en aller !

La fusillade, à nouveau, avait cessé. On entendait seulement dans la nuit des colloques nombreux, des ordres donnés à voix haute.

Évidemment, les agents de police, en chargeant, avaient délogé les bandits qui leur tenaient tête des positions où ceux-ci s’étaient embusqués. La police restait maîtresse du terrain.

— Parfait ! parfait ! approuva encore le policier. Je crois que personne n’a plus besoin de moi…

Et Juve, qui ne se trompait pas d’ailleurs, car un certain nombre d’apaches venaient de tomber dans les mains des agents de la préfecture, commença à s’éloigner.

Tout en s’enfuyant, cependant, le policier songeait.

Les événements auxquels il venait d’assister le laissaient évidemment rêveur.