— On nous appelle à l’aide, tant pis ! Allons-y ! Notre bonhomme ne peut pas s’évader ! Nous l’interrogerons tout à l’heure !
Le policier Mix, peut-être, n’avait guère envie de retourner au combat. Il eût sans doute préféré rester auprès de Juve et interroger celui dont il avait fait la capture.
M. Mix était en somme un détective privé qui n’avait rien à voir avec les agents de la préfecture et prêtait très bénévolement son concours aux forces policières.
M. Mix, toutefois, ne pouvait pas sembler se désintéresser d’une lutte à laquelle il avait déjà pris part ; Juve perçut que le détective répondait :
— Bon, bon ! Allons leur prêter main-forte ! Nous reviendrons ensuite…
Juve entendit des pas qui s’éloignaient et, de suite, tenta une étrange manœuvre.
— C’est cela, pensait-il, allez donc vous battre, mes enfants ! Vous reviendrez m’interroger quand vous aurez fini, si toutefois je suis encore là !…
Juve, qui ne tenait guère à révéler son identité, à se voir obligé d’expliquer son rôle extraordinaire dans les affaires actuelles, commençait à ce moment à faire tous ses efforts précisément pour n’être pas là quand on reviendrait le questionner.
Juve avait jadis appris d’un clown forain le secret de pratiquer le tour, toujours amusant, de l’homme enchaîné qui se libère en trois secondes.
Mieux que tous les pitres de barrière, Juve avait étudié à fond cet exercice. Il savait que tous les liens de corde sont susceptibles, par des tractions répétées et prolongées, de se distendre, de prendre du lâche.