— Ah sapristi ! regardez donc !… Regardez ce que je viens de découvrir…

Que diable avait-on découvert ?

Juve, assez anxieux malgré tout, n’eut pas à se le demander longtemps. L’agent continuait en effet :

— Regardez les semelles de notre prisonnier !… Ah ! bougre de bougre ! Il n’y a pas de doute à conserver, c’est sûrement lui qui est le voleur de la Monnaie ! Il a encore tout plein d’or collé à la semelle de ses chaussures…

À ce moment, Juve pensa éclater de rire sous son bâillon.

— Bon ! supputa-t-il. Voilà que mon affaire devient tout à fait mauvaise !… Si l’on trouve de l’or sous mes souliers, tout le monde va tomber d’accord pour deviner que c’est moi qui étais à la Monnaie tout à l’heure. C’est exact, mais je ne tiens pas à ce qu’on le sache !

Juve, toutefois, entendait à ce moment des clameurs formidables s’élever du quai.

La bataille continuait. Soudain, les agents crièrent :

— À nous !… À l’aide !… Ah ! canailles, rendez-vous donc !

Les appels étaient angoissés. Juve eut l’impression que ceux qui l’entouraient se relevaient avec brusquerie.