— Mais… commençait à interroger Léon Drapier, pourquoi ?
— Parce que c’est nécessaire ! ordonna péremptoirement Mix.
Il ajoutait, cependant que Drapier enjambait déjà la fenêtre :
— Ah ! au fait ! J’oubliais ! Il se peut que le chef de la Sûreté vienne vous trouver et vous demande pourquoi vous ne l’avez pas attendu chez vous : vous lui répondrez que vous n’avez pas quitté votre appartement ! N’ayez crainte, je vous expliquerai tout cela plus tard !
Telles étaient les dernières paroles qu’avaient échangées les deux hommes. Léon Drapier, confiant dans les conseils du détective, s’était laissé glisser le long du tuyau de gouttière ; il arrivait rue Guénégaud les vêtements déchirés, le visage meurtri, les mains en sang, mais nul ne l’avait remarqué.
Et, dès lors, se mettant à courir, Léon Drapier rentrait chez lui.
Quant à Mix, demeuré dans les combles de l’hôtel des Monnaies, il se mettait à marcher à grands pas sur le plancher du grenier.
Il le faisait évidemment exprès pour attirer l’attention car, à l’étage au-dessous, des voix se faisaient entendre, et le bruit d’une course précipitée.
Mix, retenant son haleine, attendait derrière une porte que l’on montât jusqu’à l’étage où il se trouvait, puis, au moment où l’on allait enfoncer cette porte, il bondissait par une autre qu’il venait d’entrouvrir et descendait par un escalier opposé à celui dans lequel se trouvaient les gens.
Au bout de dix minutes, M. Havard, accompagné de deux inspecteurs et du chef de la surveillance de l’hôtel des Monnaies, descendait des combles et arrivait dans le couloir des bureaux.