— C’est extraordinaire, disait le chef de la Sûreté, que nous n’ayons pas pu pincer le voleur. Car il n’y pas de doute, il était tout à l’heure dans ce grenier et la lucarne dont le carreau est brisé prouve qu’il s’est enfui par le fenêtre. Léon et Michel se sont imaginé qu’il s’était caché sur le toit, ils se sont précipités à sa recherche, ils n’ont trouvé personne. C’est donc que l’homme est descendu dans la rue Guénégaud le long du tuyau de gouttière. Mais alors, il a dû faire joliment vite, parce qu’il ne s’est certainement pas écoulé plus de trente secondes entre le moment où nous l’avons entendu derrière la porte du grenier et l’instant où nous sommes arrivés dans ce grenier.

Le chef de la Sûreté toutefois s’arrêtait de parler. Au moment où il arrivait dans le couloir du bureau, un homme qui paraissait sommeiller sur une banquette, se leva :

— Monsieur Mix ! s’écria le chef de la Sûreté.

C’était en effet le détective.

Il étouffa un bâillement, il parut s’arracher au sommeil, phénomène étrange en vérité pour quiconque aurait su que, quelques secondes auparavant, Mix était arrivé haletant dans ce couloir et avait juste eu le temps de s’étendre sur la banquette avant de la quitter pour voir le chef de la Sûreté.

— C’est moi, en effet, déclara-t-il, d’une voix calme et tranquille, cependant qu’il s’inclinait respectueusement devant M. Havard.

Celui-ci, naïvement, proféra :

— Vous sortez donc de dessous terre, monsieur Mix ! Nous étions dans ce couloir il y a environ dix minutes, et nous ne vous avons pas remarqué !

— Moi non plus, fit le détective, et je sais pourquoi en ce qui me concerne. C’est que je dormais.

— Vous ne dormiez pas sur cette banquette ?