— Des empreintes ! s’écria-t-il. Voici des empreintes toutes fraîches ! Quelqu’un s’est promené dans cette cave, il n’y a pas longtemps !

— D’autant moins longtemps, articula le chef de la surveillance, que j’ai fait ratisser le sol à six heures ce soir, au moment où l’on venait d’apporter les louis d’or qui ont disparu désormais de la cuve auprès de laquelle nous nous trouvons.

Il était environ sept heures du matin et, dans le cabinet de M. Havard, au quai des Orfèvres, se tenait une mystérieuse conférence.

Il y avait là les deux inspecteurs Léon et Michel, le chef de la Sûreté, et enfin M. Mix.

— Alors ? interrogea Havard triomphant en se tournant vers M. Mix, que concluez-vous de ces traces ?

— Que voulez-vous ! fit M. Mix d’un air qui paraissait accablé, je suis obligé de me rendre à l’évidence. Les traces que vous avez relevées, ces empreintes de pas concordent évidemment de la façon la plus exacte avec celles de M. Léon Drapier, le directeur de la Monnaie !

— N’est-ce pas ? s’écria Havard. Il apparaît donc bien certain que M. Léon Drapier est venu dans cette cave après six heures du soir, que c’est lui et lui seul qui a fait disparaître les louis d’or, et que c’est encore lui qui s’est sauvé sur les toits ou, pour mieux dire, dans la rue Guénégaud en y descendant par le tuyau de la gouttière, s’enfuyant devant nos poursuites !

— Je ne puis pas vous dire le contraire, articula M. Mix, cela paraît évident !

Havard ajoutait, toujours triomphant :

— J’ai une preuve de plus, que je me dois de vous faire connaître.