— Laquelle ?
— Hier soir, expliquait Havard, j’ai téléphoné à M. Léon Drapier de rester à son domicile et de m’y attendre. Lorsque je me suis présenté à ce domicile, Léon Drapier n’y était pas. Il s’est donc enfui, il est venu à la Monnaie ; peut-être, à l’heure actuelle, le misérable est-il en fuite ! Car, il n’y a pas de doute, c’est lui le voleur…
— Hélas ! murmura M. Mix, j’ai longtemps voulu croire le contraire ! Je m’étais mis à sa disposition pour le tirer d’affaire. Depuis, plus je connais sa manière d’être, sa façon de vivre, les détails de son existence, plus je suis obligé de me rendre à votre raisonnement. Évidemment, monsieur le chef de la Sûreté, vous aviez découvert le mystère. Le coupable, c’est Léon Drapier ! Le directeur de la Monnaie est un voleur ! Dieu veuille qu’il ne soit pas autre chose !
— Qu’entendez-vous par là ? interrogea Havard.
— Rien, monsieur, c’est une parole imprudente !
Le chef de la Sûreté insistait :
— Je veux connaître le fond de votre pensée, parlez, je vous l’ordonne !
— Eh bien, fit M. Mix, qui paraissait de plus en plus troublé, il y a des choses qui maintenant me reviennent à l’esprit. Votre découverte de la culpabilité de Léon Drapier éclaire pour moi d’un jour nouveau certaines affaires, certains crimes jusqu’à présent demeurés mystérieux.
— Ah ! s’écria M. Havard, vous songez à l’assassinat du valet de chambre Firmain…
Mix hocha la tête.