Il se rappelait parfaitement qu’il avait annoncé aux Grouilleurs qu’il avait du « pèze », qu’il y avait cinquante mille francs dans l’enveloppe qu’il leur avait confiée. Sans doute, on allait lui demander quelque argent !…
Et Juve, qui possédait tout juste quelques billets de cent francs sur lui, songea encore une fois qu’il allait être pris de court.
Le chef des Grouilleurs pourtant, ne semblait nullement songer à demander l’aumône.
Il continuait d’une voix basse et d’une voix fière aussi :
— C’est bien la richesse que je vais te demander ! Job Askings ! je ne vais pas te la demander pour moi, je vais te la demander pour mon fils. Tu m’écoutes ?
— Je t’écoute ! dit Juve.
Le chef des Grouilleurs reprit :
— Je sais, Job Askings, que tu es en Angleterre le plus grand des pickpockets. On t’appelle le Roi des voleurs, comme on appelle Fantômas le Roi du crime. Il n’est rien de difficile pour toi, il n’est rien qui soit trop délicat pour ton audace. Tu peux tout ! Tu réussis tout ce qu’il te plaît d’entreprendre… Eh bien, Job Askings, voilà ce que je veux te supplier de m’accorder : mon fils est courageux, adroit, pourtant, il ne saurait prétendre à t’égaler, même de loin. Veux-tu être son maître ? Veux-tu lui donner des leçons ? Veux-tu lui apprendre ta manière ?… Veux-tu être son chef ?
Et certes, à cet instant, Juve pensait à la fois éclater de rire et crier de stupéfaction.
Ah ! vraiment, la requête qu’on lui adressait à lui, Juve, qui était le roi des policiers, était plus qu’extraordinaire !