Fandor, c’était, aux yeux de Fantômas, celui qu’Hélène chérissait, c’était lui que la jeune fille lui préférait, celui-là qu’elle adorait, et cela suffisait à faire que le bandit eût éprouvé une âpre volupté, goûté un horrible plaisir en massacrant Fandor !

Fantômas détestait le jeune homme, mais il était capable, lui aussi, de maîtriser sa haine, de s’imposer, de réfléchir.

Tuer Fandor à la minute, ah ! certes, Fantômas l’aurait fait s’il n’avait point eu peur, s’il n’avait point redouté les conséquences de son acte.

Fantômas, en effet, ne savait pas exactement où se trouvait Juve. À l’instant où il fouillait dans sa poche pour y prendre son revolver et faire feu sur Jérôme Fandor, il songea :

— Et si Juve bondit sur moi ? Et si Juve accourt au bruit de la détonation ?

Et Fantômas frissonna…

Il lisait en même temps dans les yeux de Jérôme Fandor les pensées secrètes du jeune homme. Il vit le regard de celui-ci se poser un instant sur la vieille M me  Rambert. Fantômas alors, toujours maître de lui, devina les raisons secrètes qui interdisaient à Fandor de faire feu. Il les devina si bien qu’un sourire railleur détendit ses lèvres.

— Allons, murmura-t-il, il ne peut rien, il ne tentera rien !

Et comme Jérôme Fandor l’avait salué d’un mot, comme il lui avait dit :

— Bonjour, papa.