— Non, répondit-il, ma chère maman, il ne faut pas que nous causions ici. Nous avons tant de choses à nous dire, tant de souvenirs à évoquer, mon père et moi, que nous vous fatiguerions certainement. Pourquoi vous troubler ainsi, d’ailleurs ? Voulez-vous nous permettre de nous absenter quelques minutes ? Père et moi nous causerons, nous reviendrons vous voir ensuite.

M me  Rambert acquiesça du geste à la proposition de Jérôme Fandor. Sans doute elle était dupe de la ruse inventée par le jeune homme. Elle trouvait naturel, d’ailleurs, que le père et le fils eussent à causer.

— Allez, dit-elle, mes bons amis, mais revenez vite ; il y a si longtemps que mes pauvres yeux vous pleurent, qu’ils ne peuvent plus se rassasier de vous voir !…

Fantômas, cependant, sourit en écoutant Fandor.

La ruse qu’inventait le journaliste pour sortir de la chambre de sa mère lui paraissait plaisante.

Elle lui paraissait aussi profitable. Il était désireux, en effet, de quitter cette pièce où, d’un instant à l’autre, Juve pouvait survenir, ce qui ne serait évidemment pas sans causer un redoublement d’embarras, un surcroît de péril.

Il appuya la proposition de Fandor :

— Eh bien ! c’est cela, dit-il, sortons !

Et, s’étant rapproché du lit de M me  Rambert, Fantômas eut le geste sacrilège que lui imposait le rôle qu’il jouait.

Il prit la main de la pauvre femme, il la baisa dévotement.