Mais Fandor, à son tour, s’approchait de sa mère ; Fandor, avec une brusquerie dont il n’était pas maître, arrachait à Fantômas la main de la vieille femme.
— Maman !… Maman ! ma chère maman ! faisait-il.
Et il embrassait la main de sa mère avec le secret désir d’effacer le baiser de Judas que Fantômas n’avait point hésité à imposer à la vieille dame.
Les deux hommes, cependant, se dirigeaient désormais vers la porte de la chambre à coucher. Fandor réglait son pas sur celui du bandit. Il considérait Fantômas de son clair et franc regard, il semblait littéralement lui dire :
— En ce moment, je ne puis rien et je ne yeux rien tenter. Mais, une fois cette porte franchie, je redeviendrai maître de mes actes, libre de me jeter sur vous et ce sera la lutte sans merci…
Fantômas, de son côté, considérait le jeune homme.
Mais ce n’était point la franchise qui se lisait dans son regard. C’était une expression de raillerie, d’audace et de dépit.
Fantômas semblait dire à Fandor :
— À nous deux !… Je suis encore certain d’échapper à la juste punition de mes crimes, et je me réjouis à la pensée de faire encore le mal !
Fandor ouvrit la porte de la chambre, et il dut frôler Fantômas. Il dut, pour ne point inquiéter sa mère, s’effacer pour laisser passer le bandit.