En lui ordonnant de monter au premier étage, d’entrer dans la chambre dont la porte grinçait, Fantômas, naturellement, ne visait qu’à une chose : l’éloigner. Il aurait de la sorte quelque avance, et pourrait profiter pour s’enfuir, pour tenter de disparaître, pour disparaître certainement même, car il était avant tout l’insaisissable, celui que l’on n’arrête pas !
Fandor, en quittant le bandit, crut un instant qu’il ne serait pas maître de ses sentiments, qu’il ne triompherait pas de sa colère. Ses mains eurent un tremblement. Il se précipita comme un fou, comme un furieux sur Fantômas, mais l’imperceptible mouvement que fit le bandit, s’avançant un peu vers la chambre de sa mère, l’immobilisa encore.
— Allons ! jugea Fandor, je suis le plus faible… Il a raison, il faut céder, c’est mon devoir, mon devoir de fils.
Et, lentement, Jérôme Fandor baissa la tête.
— Soit, disait-il simplement, j’accepte vos conditions. Nous recommencerons la lutte dans quelques instants.
— Entendu ! fit Fantômas en ricanant.
Jérôme Fandor alors se recula, marchant en arrière, car il ne voulait point perdre de vue Fantômas qui était fort bien capable de prendre son revolver et de tirer sur lui. Il s’approcha du petit escalier conduisant au premier étage de la maison. Lentement, il en gravit les degrés ; il atteignit le palier, il longea le couloir, il entra dans la chambre…
Or, au moment où Jérôme Fandor entendait le grincement de la porte qu’il ouvrait, il percevait aussi un bruit de pas précipités.
Fantômas fuyait, Fantômas disparaissait, Fantômas échappait…
Jérôme Fandor, pris d’un vertige, bondit vers l’escalier.