— C’est indiscutable, répondit-il d’un ton narquois. Et en voici la preuve : au moindre de vos mouvements, Fandor, je rouvre cette porte, je me précipite auprès de votre mère et je la tue en lui disant la vérité… Est-ce cela que vous voulez ?
Fandor frémit, mais dut se taire.
Il voyait toujours la main du bandit crispée sur le bouton de la porte ; il se rendait compte que Fantômas, en effet, avait tout le loisir de rentrer dans la pièce sans qu’il pût l’en empêcher.
Fantômas poursuivit :
— Je suis le plus fort, Fandor, puisque je suis resté près de cette porte et que je puis rentrer dans cette chambre. Je vais donc vous poser mes conditions et vous les accepterez.
Fantômas fit une pause, puis il continua :
— J’entends sortir d’ici et disparaître sans m’exposer à vos coups de feu. Fandor, voici ce que j’exige : vous allez monter au premier étage de cette maison, vous allez entrer dans la pièce qui est au bout du couloir et dont la porte grince. Quand j’entendrai le grincement de cette porte, je m’enfuirai. Vous serez libre alors de me poursuivre. Mais, jusqu’à ce moment, je resterai là où je suis, c’est-à-dire à deux pas de votre mère et prêt à me venger si bon me semble !
Fandor, alors, grinça des dents. Une rage folle l’envahissait en écoutant Fantômas.
Ah ! certes, le Maître de l’effroi était bien toujours le génial criminel, le tortionnaire qui ne reculait devant rien, qui inventait toujours une douleur nouvelle…
Fandor comprenait fort bien le plan de Fantômas. Le bandit voulait profiter du voisinage où il était de la vieille M me Rambert pour dicter ses conditions au journaliste.