Les grands hommes, hélas! sont devenus si rares que mon Panthéon, à moi, a dû prendre les modestes proportions que tu vois.

Il m'a semblé qu'on avait trop abusé des statues et que nos mœurs, comme nos appartements, s'accommodaient mieux des statuettes.

Il faut habiller chaque époque à sa taille.

Et toi, ami public, daigne écouter ces deux mots avant de rendre visite à mon modeste musée.

Il y a un an, je réclamais ton indulgence pour un livre intitulé le Carnaval du Dictionnaire.

Ton accueil bienveillant m'enhardit à lui donner un pendant aujourd'hui.

Après les mots, les noms; après les choses, les hommes.

Nous vivons dans un temps où bien rarement la mesure est gardée entre l'hyperbole adulatrice et le dénigrement à outrance. Ou l'apothéose, ou les gémonies; ou le piédestal, ou le pilori.

J'ai osé penser qu'on pouvait trouver le juste milieu entre les attaques d'admiration et les accès de rage.

C'est ce que j'ai essayé de faire en toute bonne foi.