— Vous plaisantez?… Quand le Phare dramatique aura un correspondant capable de tourner un compte-rendu comme le mien… Cela vous a un cachet, une couleur… Eh bien, vous ne l'achevez donc pas?
Athanase venait, sans penser à mal, de poser le journal sur la table.
— C'est que, risqua-t-il, je ne l'ai pas trouvé…
— Je vous l'avais pourtant bien indiqué. Là, au bas de la seconde colonne de la troisième page… Gérizy, 5 février… Prêtez l'oreille, je vais vous le lire moi-même.
Et Chamonin commença le morceau suivant :
« Le Phare dramatique, dans sa haute sollicitude pour les intérêts de l'art et la décentralisation intellectuelle, a compris le premier toute l'importance des comptes-rendus que la province envoie à Paris ; aussi sommes-nous fier d'avoir été choisi pour correspondant par ce journal, digne de prendre pour devise le vers de Térence : Rien de ce qui est humain ne m'est étranger.
» Je suis en même temps heureux d'y représenter une des villes qui suppléent à la puissance numérique par le goût du beau et le culte des choses de l'esprit.
» Pour se convaincre de cette vérité flatteuse, il suffit de dresser le bilan sommaire de notre saison dramatique :
» Huit drames, deux opéras comiques, treize vaudevilles, en moins de trois mois et demi.
» Cela tient du prodige.