Elle prit à peine le temps d'embrasser Mariette et alla s'enfermer dans sa cellule.
Là, elle s'agenouilla et, les mains jointes, les yeux au ciel, elle remercia Dieu avec effusion.
Elle n'avait pas envie de dormir. Au lieu de gagner son lit, elle alla vers la fenêtre et s'y accouda.
Un pâle rayon de lune éclairait l'enclos, où les arbres découpaient leur silhouette dépouillée. Dans un coin, à gauche, s'élevait le pavillon du vieux François; au loin, on apercevait Paris, avec sa couronne lumineuse, et l'on entendait le bruit confus de la grande ville, qui ressemble à celui de la mer.
Elle s'oublia dans cette contemplation, écouta son coeur qui battait avec force, cherchant à se rappeler les paroles que lui avait dites le jeune commandant. Elle en était là, lorsque tout à coup la petite porte de l'enclos s'ouvrit doucement et un murmure de voix monta jusqu'à elle.
C'était là un fait étrange, et elle ne sut pas se défendre d'un mouvement de curiosité.
Son regard se fit ardent; elle se pencha pour mieux voir, et presque aussitôt elle porta ses deux mains à ses lèvres.
Elle venait de reconnaître Gaston.
C'était invraisemblable, impossible; pourtant elle ne pouvait s'y tromper.
Gaston! Que venait-il faire à cette heure? Quelles raisons impérieuses le poussaient à une démarche si contraire à la règle respectée du couvent?